30. sept., 2022

Le Portugal parie sur le futur TGV Lisbonne-Porto

Cette nouvelle ligne facilitera le trafic loisir et affaires entre les deux villes, ainsi que le montage de circuits

Le gouvernement portugais a présenté cette semaine son projet de train à grande vitesse entre Lisbonne et Porto. A l’issue des travaux, prévus entre 2024 et 2030, le trajet sera ramené à 1h15, contre 2h49 aujourd’hui. La première phase du projet, entre Porto et Soure, devrait réduire dès 2028 le temps à 1h59.
« La ligne Lisbonne-Porto s’inscrit dans le cadre d’un plan d’investissement ferroviaire de 10 milliards d’euros à l’échelle du pays, nous a indiqué jeudi Filipe Silva, membre du conseil d’administration de VisitPortugal, en marge d’un workshop de la destination à Paris. Sa construction représente 45% de ce budget global, et entraînera une baisse du recours à l’avion. Nous voulons encourager la population à prendre le train sur des trajets relativement courts. »
Subventionnée par l’Europe, la ligne à grande vitesse entre les deux destinations doit également permettre à terme de relier Porto et Vigo, dans le nord-ouest de l’Espagne.

Vers un nouvel aéroport à Lisbonne ?

Le développement du train représente, pour le Portugal, un pilier d’une stratégie tournée vers les mobilités douces et le recours à des énergies non-fossiles.

Mais le pays continue, en parallèle, à développer le trafic aérien, notamment pour l’international.
Récemment, le gouvernement portugais, critiqué par l’opposition et les défenseurs de l’environnement, a fait marche arrière sur son projet de deuxième aéroport à Lisbonne. Le projet n’est toutefois pas abandonné.
« Une étude d’impact environnemental doit être menée », indique Filipe Silva, pour qui la croissance des flux touristiques passe nécessairement par de nouvelles capacités aériennes. D’autant qu’en parallèle de Tap Air Portugal et d’Air France, les compagnies low cost comme Transavia, Ryanair et Easyjet ont ouvert de nombreuses lignes.
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Une année 2022 de reprise

En attendant, les professionnels du tourisme se réjouissent du redressement de l’activité touristique depuis le mois d’avril 2022. « D’ici la fin de l’année 2022, nous aurons retrouvé les niveaux record de revenus touristiques de 2019, sur l’ensemble des marchés, ajoute Filipe Silva. C’est plus rapide qu’escompté. Nous avions initialement tablé sur un retour aux chiffres pré-Covid en 2024. »
« Sur la période allant de janvier à juillet, les revenus issus du marché français progressent de 13%. Les arrivées reculent pour leur part de 10%. Nous sommes toujours en phase de reprise. »

Des inquiétudes sur 2023

Après plus de deux ans de crise sanitaire, les indicateurs sont au vert, malgré deux points d’inquiétudes : le manque de personnel et l’inflation. « Dans le secteur du tourisme, environ 50 000 postes restent vacants, contre 100 000 l’an dernier », pointe Felipe Silva. Le sujet était à l’ordre du jour lors du Portuguese Tourism Summit qu s’est tenu le 27 septembre. « Ce que nous ne voulons pas, c’est que cette situation dégrade l’expérience des voyageurs », souligne-t-il. Qu’ils soient hôteliers, compagnies aériennes ou DMC, les professionnels présents au workshop ont dû composer avec des problèmes d’effectifs pendant un été très actif. « C’était de la folie », raconte une professionnelle interrogée sur le salon, qui ne s’attendait pas à un retour aussi rapide des touristes.

Le contexte actuel préoccupe malgré les professionnels présents au workshop, et particulièrement son impact sur les prix. Un point d’interrogation dont l’ombre plane sur 2023. « Nous avons fait beaucoup d’efforts pour maintenir nos prix alors que tout augmente, commente un des réceptifs exposant. L’an prochain nous n’aurons pas d’autres choix que de les augmenter pour absorber ces hausses. Tout coûte plus cher. Nous entrons dans un nouveau cycle, les gens vont être amenés à faire des arbitrages et les conséquences de ce qui se passe actuellement dureront probablement plusieurs années », estime ce professionnel aguerri. Même son de cloche de la part d’une de ses concurrentes, spécialiste des Açores. « Dans ce contexte, la compétition entre les destinations va être encore plus rude », prédit-elle.