24. nov., 2022

Comment la SNCF veut pousser ses fournisseurs à réduire leur empreinte carbone

Dès l’an prochain, un « prix de la tonne carbone », fixé à 100 euros, sera intégré dans les appels d’offres de la SNCF pour pousser les fournisseurs à verdir leur empreinte carbone.

La SNCF souhaite réduire de 30% ses émissions de gaz à effet de serre pour ses activités transport d’ici 2030 par rapport à 2015 et de 50% pour ses bâtiments. PHOTO PIERRE ROUANET - VDNPQR

Par AFP
Publié: 23 Novembre 2022 à 18h19

La SNCF va intégrer dès l’année prochaine un «prix de la tonne carbone» dans tous ses appels d’offres pour inciter ses fournisseurs à améliorer leur bilan carbone, a annoncé la compagnie mercredi.

Pousser à la transition écologique

La SNCF a décidé en mai dernier de fixer un prix de la tonne carbone à 100 euros pour l’année 2022. Avec cet indicateur, elle espère éclairer ses décisions d’investissement, en monétisant les émissions carbone de ses fournisseurs et en les prenant en compte au même niveau que le facteur financier. Le prix de la tonne carbone doit ensuite augmenter tous les ans.
But de l’opération: « encourager la transition écologique » de nos fournisseurs, a déclaré lors d’une conférence de presse Mikaël Lemarchand, directeur de l’engagement social, territorial et environnemental du groupe public.

La SNCF réalise 15 milliards d’euros d’achat tous les ans, a précisé Mikaël Lemarchand, et représente ainsi une force d’entraînement pour tout un écosystème d’entreprises réparties sur tout le territoire.

« Tout le monde doit s’engager »

Actuellement, « nous avons 30 000 fournisseurs, dont une part importante de TPE et PME », a poursuivi Mikaël Lemarchand. Mais l’effort doit d’abord porter sur les plus plus gros acteurs et « la direction des achats a sollicité il y a quelques semaines nos 55 plus gros fournisseurs pour leur dire ‘on veut un bilan carbone’ car il faut que tout le monde s’engage dans la transition », a-t-il expliqué.

La SNCF souhaite réduire de 30 % ses émissions de gaz à effet de serre pour ses activités transport d’ici 2030 par rapport à 2015 et de 50% pour ses bâtiments.
Elle agit par exemple en achetant des « rails verts » produits par des fours électriques et avec de l’acier récupéré mais pour un prix sensiblement plus élevé. « Cette filière émet 60 à 90% de CO2 en moins que le procédé classique », assure la SNCF.
Des trains à hydrogène en 2025

Le groupe public a aussi dit vouloir porter son effort sur les TER qui ne sont que pour 55 à 60% d’entre eux électriques. « En 2023, on aura l’expérimentation du train hybride, en 2024 on aura le train à batterie et 2025 les premiers tours de roue des trains à hydrogène », a souligné Mikaël Lemarchand.
S’il a rappelé la volonté de la SNCF de recourir en amont à des fournisseurs plus vertueux, il a aussi insisté sur la nécessité d’inciter les clients à opter pour des comportements moins polluants.